L’instant lui-même n’est pas problématique.
Il n’est ni beau ni laid, ni agréable, ni désagréable.
Il est juste tel qu’il est.Tel que c’est, c’est une libération.
— Jean-Marc Mantel
psychiatre de formation,
auteur et enseignant de la non-dualité
élève de Jean Klein
Est-ce que je suis humain ou présence ?
C’est une question ouverte.
Ce n’est pas une conclusion.
Si je suis humain, je vais naître et je vais mourir.
Si je suis présence,
ni je ne nais,
ni je ne meurs.
En général, on est totalement identifié à notre corps.
Alors, qui est le témoin de ce corps, de cette personnalité et de cette histoire de vie ?
Donc, on explore la question du témoin.
Qui est le témoin ?
Qui est le témoin des sensations du corps, des situations de vie ?
Qui est témoin ?
C’est une question très intime…
Avec ce type de question, on reste tranquille.
Et on laisse la question se résorber dans la réponse qui est présente avant la question.
Cette dimension de nous-même n’a pas d’histoire.
Elle n’a pas de début, ni de fin.
Quand la perspective du témoin est habitée, la relation au corps et au mental est différente.
Il y a comme une distance naturelle, qui n’est pas le fruit d’un effort de détachement.
Ce qu’on appelle conscience, présence, brille de sa propre lumière, ne dépend que d’elle-même.
Et dans cette perspective, la vie humaine est simplifiée.
L’instant lui-même est habité.
Habiter l’instant, ce n’est pas la même chose que penser à cet instant.
L’instant lui-même n’est pas problématique.
Il n’est ni beau ni laid, ni agréable, ni désagréable.
Il est juste tel qu’il est.
Tel que c’est, c’est une libération.
Inventer le futur est compliqué.
Vivre l’instant n’est pas compliqué.
C’est immédiat, instantané ; cela n’a pas de poids ; pas de consistance.
Être humain, c’est vivre l’humanité à partir du silence.
La fonction de l’humanité se révèle alors comme une expression de la conscience,
une expression de la beauté, de la vérité.
C’est la fonction ultime de l’humanité.
Si on est triste ou si on est fâché, c’est parce qu’on a oublié qui on est en vérité.
La tristesse et la colère disparaissent. Tout de suite, Immédiatement.
Il y a donc deux perspectives possibles…
La première, c’est que je suis un humain.
La seconde, c’est que je suis une présence habillée comme un humain.
Et il n’y a qu’une seule présence. Un seul silence.
Tous les êtres qui sont ici sont une seule et même conscience,
une seule et même présence, un seul et même silence…
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